Sur les côtes du Calvados,
Cabourg est la « Balbec » de Proust.
L’écrivain y passa tous ses étés de 1907 à 1914.
Derrière la porte 414 du Grand Hôtel de Cabourg, la « Chambre Marcel-Proust ». Est-ce exactement dans cette pièce que l’écrivain passa tous ses étés de 1907 à 1914 ? Peu importe. L’esprit proustien flotte à tous les étages de l’établissement avec vue sur mer. Marcel Proust arrivait chaque fin juillet pour repartir fin septembre. Mais n’aimait pas les courants d’air ! « Je ne puis vous écrire dans le tumulte assourdissant et mélancolique de cet hôtel atroce et somptueux », écrit-il en 1907 à l’un de ses amis. Fils de médecin comme Flaubert, le petit Marcel, asthmatique, découvre Cabourg à l’âge de dix ans avec sa grand-mère paternelle. Il gardera le souvenir « des années de mer où grand-mère et moi, fondus ensemble, nous allions contre le vent en causant ». Plus tard, son valet de chambre l’accompagne lors de ses séjours à la station balnéaire. Le taxi conduit par le fidèle Agostinelli reste en permanence à sa disposition. Comme Flaubert, Proust échange sa vie contre son œuvre. Cabourg devient la fameuse Balbec. « C’est au Grand Hôtel qu’a mûri La Recherche » assure Jean-Paul Henriet, maire proustien de Cabourg. La monumentale œuvre littéraire de Proust a ses racines et ses clés sur la côte normande. À Trouville et Houlgate, sont nées Les jeunes filles en fleurs, les belles propriétés de Sodome et Gomorrhe. Se promenant en taxi dans le Pays d’Auge, l’auteur découvre Combray : cela lui rappelle le village de son enfance Illiers, devenu Illiers-Combray, en Eure-et-Loir. À la recherche du temps perdu est composé de sept volumes. Le premier, Du côté de chez Swan, est édité à compte d’auteur, faute d’éditeur. Le second, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, obtient le prix Goncourt en 1919.